Une lecture de la première partie du Rapport de Synthèse Réflexion
Stratégique à Long Terme "GABON 2025" de Juin 1996, révèle ceci comme
étant les aspirations politiques du peuple gabonais.
1.1 - Les aspirations politiques
"La majorité des personnes interrogées pense que le Gabon est
réellement indépendant depuis 1960. Les autres estiment au contraire que le
Gabon n'est pas encore indépendant.
Un grand nombre de Gabonais estime que le parti unique a confisqué
les libertés alors que, pour d'autres, le parti unique a plutôt renforcé l'unité
nationale.
La géopolitique, née du système du parti unique, a été fortement
condamnée à cause du rôle néfaste qu'elle a joué et continue de jouer dans le
pays. Mais, pour certains, elle peut être bénéfique dans un système démocratique
en ce sens qu'elle peut favoriser la décentralisation et l'unité
nationale.
Les Gabonais pensent que l'impact de la géopolitique sur la vie
nationale pourrait disparaître complètement à l'avenir.
Concernant le rôle de l'Etat, de nombreux Gabonais estiment que
l'Etat a été laxiste et qu'il a plutôt consolidé le pouvoir d'une seule
personne. Aussi préconisent-ils un système d'évaluation des responsables
politiques et des agents de l’État en vue d'une meilleure maîtrise du processus
de développement du pays.
Les Gabonais apprécient différemment les changements politiques
intervenus depuis 1990. Pour la majorité d'entre eux, l'évolution actuelle du
processus démocratique n'est pas satisfaisant. Mais ils ne cachent pas leur
optimisme pour l'avenir.
En définitive, les Gabonais aspirent à un État de droit, réellement
démocratique, où les contre-pouvoirs jouent pleinement leur rôle."
De Juin 1996 à nos jours, ces aspirations ont été ignorées par le PDG et
depuis 3 ans, la situation a empiré, avec la dernière révision de la
constitution, qui concentre tous les pouvoirs, entre les mains d'un seul
individu, faisant de ce dernier, un monarque à qui toutes les institutions sont
soumises. Du régime dit semi-présidentiel, le Gabon peut être considéré
aujourd'hui comme un régime présidentiel ou plutôt un royaume. Le droit du
peuple de choisir librement ses dirigeants est confisqué par un pouvoir autoritaire, fraudeur et violeur perpétuel de la mère des lois. Cette attitude
du pouvoir qui méprise les aspirations légitimes du plus grand nombre, participe
à la création d'un climat délétère pouvant aboutir à une explosion populaire,
aux conséquences incalculables. D'où la nécessité d'un dialogue nationale tant
réclamé par les gabonais ces dernier temps.
Or, l'autisme qui caractérise le pouvoir actuel laisse entrevoir des
lendemains tumultueux si d'aventure rien n'est fait dans l'immédiat, pour
répondre aux aspirations politiques du peuple. Aussi, l'initiative menée par la
société civile en vue de l'organisation par le peuple, vrai détenteur de la
souveraineté, d'un Conférence Nationale Souveraine, est à plus d'un titre
salutaire et mérite d'être soutenue par tous ceux qui aspirent à "un
Etat de droit, réellement démocratique, où les contre-pouvoirs jouent pleinement
leur rôle." La politique de la chaise vide ne payant pas, les absents à
ce grand agora sauront en tirer les conséquences le moment
venu.

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