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dimanche 16 décembre 2012

POLITIQUE : Ali Bongo et son PDG ont-ils une idée réelle des aspirations politiques du peuple gabonais ?

Une lecture de la première partie du Rapport de Synthèse Réflexion Stratégique à Long Terme "GABON 2025" de Juin 1996, révèle ceci comme étant les aspirations politiques du peuple gabonais.

1.1 - Les aspirations politiques
"La majorité des personnes interrogées pense que le Gabon est réellement indépendant depuis 1960. Les autres estiment au contraire que le Gabon n'est pas encore indépendant.
Un grand nombre de Gabonais estime que le parti unique a confisqué les libertés alors que, pour d'autres, le parti unique a plutôt renforcé l'unité nationale.
La géopolitique, née du système du parti unique, a été fortement condamnée à cause du rôle néfaste qu'elle a joué et continue de jouer dans le pays. Mais, pour certains, elle peut être bénéfique dans un système démocratique en ce sens qu'elle peut favoriser la décentralisation et l'unité nationale.
Les Gabonais pensent que l'impact de la géopolitique sur la vie nationale pourrait disparaître complètement à l'avenir.
Concernant le rôle de l'Etat, de nombreux Gabonais estiment que l'Etat a été laxiste et qu'il a plutôt consolidé le pouvoir d'une seule personne. Aussi  préconisent-ils un système d'évaluation des responsables politiques et des agents de l’État en vue d'une meilleure maîtrise du processus de développement du pays.
Les Gabonais apprécient différemment les changements politiques intervenus depuis 1990. Pour la majorité d'entre eux, l'évolution actuelle du processus démocratique n'est pas satisfaisant. Mais ils ne cachent pas leur optimisme pour l'avenir.
En définitive, les Gabonais aspirent à un État de droit, réellement démocratique, où les contre-pouvoirs jouent pleinement leur rôle."

De Juin 1996 à nos jours, ces aspirations ont été ignorées par le PDG et depuis 3 ans, la situation a empiré, avec la dernière révision de la constitution, qui concentre tous les pouvoirs, entre les mains d'un seul individu, faisant de ce dernier, un monarque à qui toutes les institutions sont soumises. Du régime dit semi-présidentiel, le Gabon peut être considéré aujourd'hui comme un régime présidentiel ou plutôt un royaume. Le droit du peuple de choisir librement ses dirigeants est confisqué par un pouvoir autoritaire, fraudeur et violeur perpétuel de la mère des lois. Cette attitude du pouvoir qui méprise les aspirations légitimes du plus grand nombre, participe à la création d'un climat délétère pouvant aboutir à une explosion populaire, aux conséquences incalculables. D'où la nécessité d'un dialogue nationale tant réclamé par les gabonais ces dernier temps.

Or, l'autisme qui caractérise le pouvoir actuel laisse entrevoir des lendemains tumultueux si d'aventure rien n'est fait dans l'immédiat, pour répondre aux aspirations politiques du peuple. Aussi, l'initiative menée par la société civile en vue de l'organisation par le peuple, vrai détenteur de la souveraineté, d'un Conférence Nationale Souveraine, est à plus d'un titre salutaire et mérite d'être soutenue par tous ceux qui aspirent à "un Etat de droit, réellement démocratique, où les contre-pouvoirs jouent pleinement leur rôle." La politique de la chaise vide ne payant pas, les absents à ce grand agora sauront en tirer les conséquences le moment venu.

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