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vendredi 14 décembre 2012

L'ACTIVISME RESTE LONGTEMPS UN ENGAGEMENT D'INCOMPRIS, AVANT SON INÉVITABLE SUCCÈS

 
 
Alors que le mouvement "Ça Suffit Comme Ça" sous la houlette de Marc Ona Essangui, Paulette Oyane Ondo, Georges Mpaga et d'autres citoyens libres, vient de prendre la responsabilité d'incarner la sortie du bourbier dans lequel se trouve le pays en amorçant la dernière ligne droite de la très demandée Conférence Nationale Souveraine, par le truchement d'inscriptions sur des listes indiquant le désir des uns et des autres pour une telle conférence, ce blog observe les conversations périphériques de certains gabonais qui, ne sachant que dire ni que faire, n'ayant rien d'autre à offrir, s'en prennent à Marc Ona Essangui, lui reprochant "oh crime des crimes", de faire "de la politique"!
 
 
Le parallèle ici est frappant entre ce qui se passe au Gabon et ce qu'ont connu d'autres activistes et même acteurs de Sociétés Civiles dans le passé. Que se soit Mandela, Gandhi, Soyinka, Luther King, Césaire etc., pendant de nombreuses années tous ces activistes célèbres et d'autres centaines sinon milliers peut être moins célèbres, se sont initialement heurtés dans leurs pays, aux mêmes démons qui jalonnent la piste menant à la Conférence Nationale Souveraine au Gabon, c'est à dire: la sécurité de l’intolérance, le confort du monolithisme et surtout la peur du changement. Le parallèle est si frappant que de la même façon qu'on a vu Mandela devenir l'ennemi numéro un d'un apartheid triomphant; de la même façon qu'on a vu un Gandhi décrit comme une nuisance par la si puissante couronne britannique; de la même façon qu'on a vu Martin Luther King traité de démagogue communiste par le brutal shérif Bull Connor de l'Alabama; nous assistons à un effort assez cocasse d'anathémisation du citoyen Marc Ona Essangui par le régime Ali Bongo. Ce régime estimant que comme des réprouvés, tous ceux qui lui donneraient un avis défavorable devraient être bannis de toute discussion aux répercussions nationales. Même quand ces "reprouvés" défendent des valeurs hautement républicaines de dignité humaine, au point d’être nommé Prix Goldman. Non, cette reconnaissance internationale n'ébranle absolument pas le féroce dogmatisme du régime en place au Gabon.
Comme les autres activistes déjà cités, comme les activistes modernes de Greenpeace ou des ONG telles que Survie, ou encore comme l'activiste écrivains camerounais Mongo Béti, les membres du mouvement "Ça Suffit Comme Ça", à leur manière, dans leur domaine de prédilection et en phase avec leur époque, tentent le défi de la sécularisation (au sens républicain et non religieux) et vulgarisation au Gabon, d’un humanisme combinant l’exigence de la justice sociale et politique et le respect de la dignité humaine et de la personne comme finalité ultime. Mais que leur oppose le régime Ali Bongo? La protection des privilèges matériels en dépit de la décrépitude du plus grand nombre; un conservatisme des plus ridicule dans un monde dont la vélocité de changement va en crescendo et la peur des idées nouvelles qui risqueraient d'aboutir à un Gabon "oh l'horreur" sans les Bongo!
Quelle attitude adopter pour le gabonais moyen qui se demande s'il devrait ou non répondre à l'invitation de Marc Ona Essangui et de la Société Civile libre? A ce gabonais, ce blog n'impose rien car nous avons la pleine mesure de nos limites qui s'arrêtent là où commence le libre arbitre de chaque citoyen, de chaque lecteur. A ce citoyen nous demandons de se poser des questions internes à soi; de s'interroger si les activistes du mouvement "Ça Suffit Comme Ça" ne sont pas en train de nous donner à tous un exemple suprême du gabonais qui lutte? Du gabonais qui ne redoute plus la souffrance ou les menaces de mort, parce que tout cela peut être vaincu et a déjà été maintes fois vaincu? Si nous avons souvent déplorés la couardise des uns et des autres, ne devons nous pas nous serrer les coudes devant des actes de courage?
Soyons critiques de nos propres expériences et de celles des autres et demandons nous qui au Gabon aujourd'hui propose quelque chose de mieux construit et aussi limpide dans ses objectifs et étapes de réalisation que le mouvement "Ça Suffit Comme Ça"? Si vous en avez la réponse envoyez-la-nous car nous ne voyons vraiment pas! On ne peut rêver de renouveau, de modernisation, de libération et d’humanisation sans prendre de risques. Pourtant le risque ici est plutôt minimal, il ne s'agit que de s'inscrire sur les listes de la Conférence Nationale Souveraine. C'est un risque citoyen qui indique que vous êtes près à apporter votre pierre au pied de l'édification du Gabon tel que vous aimeriez le voir conçu. C'est un risque participatif qui représente une véritable évolution, loin des angoisses identitaires dans lesquelles le régime trouve ses derniers refuges.
Sans doute le plus grand mérite de Marc Ona Essangui et de ses compagnons, outre bien sûr leurs lauriers personnels, reste celui de faire connaître ou de faire redécouvrir au grand public gabonais, la nécessité de la restitution de sa citoyenneté souveraine et non négociable. Au Gabon aujourd'hui, le problème n'est pas Marc Ona Essangui ni la Société Civile libre; le problème et tous les gabonais honnêtes qui se poseront la question en interne devront arriver sensiblement à la même réponse, est un régime qui verrouille le pays, bâillonne ses populations et pille ses richesses; laissant derrière lui un peuple plus que jamais à la merci des démons de la violence et de l’identitarisme. Au Gabon depuis 45 ans, hier ressemble à aujourd’hui et aujourd'hui ressemble à hier; la météo politique étant toujours la même. Il faut que ça change et le moment, c'est maintenant!

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