Alors que le mouvement
"Ça Suffit Comme Ça" sous la houlette de Marc Ona Essangui, Paulette
Oyane Ondo, Georges Mpaga et d'autres citoyens libres, vient de prendre
la responsabilité d'incarner la sortie du bourbier dans lequel se trouve
le pays en amorçant la dernière ligne droite de la très demandée
Conférence Nationale Souveraine, par le truchement d'inscriptions sur
des listes indiquant le désir des uns et des autres pour une telle
conférence, ce blog observe les conversations périphériques de certains
gabonais qui, ne sachant que dire ni que faire, n'ayant rien d'autre à
offrir, s'en prennent à Marc Ona Essangui, lui reprochant "oh crime des
crimes", de faire "de la politique"!
Le parallèle ici est
frappant entre ce qui se passe au Gabon et ce qu'ont connu d'autres
activistes et même acteurs de Sociétés Civiles dans le passé. Que se
soit Mandela, Gandhi, Soyinka, Luther King, Césaire etc., pendant de
nombreuses années tous ces activistes célèbres et d'autres centaines
sinon milliers peut être moins célèbres, se sont initialement heurtés
dans leurs pays, aux mêmes démons qui jalonnent la piste menant à la
Conférence Nationale Souveraine au Gabon, c'est à dire: la sécurité de
l’intolérance, le confort du monolithisme et surtout la peur du
changement. Le parallèle est si frappant que de la même façon qu'on a vu
Mandela devenir l'ennemi numéro un d'un apartheid triomphant; de la
même façon qu'on a vu un Gandhi décrit comme une nuisance par la si
puissante couronne britannique; de la même façon qu'on a vu Martin
Luther King traité de démagogue communiste par le brutal shérif Bull
Connor de l'Alabama; nous assistons à un effort assez cocasse
d'anathémisation du citoyen Marc Ona Essangui par le régime Ali Bongo.
Ce régime estimant que comme des réprouvés, tous ceux qui lui
donneraient un avis défavorable devraient être bannis de toute
discussion aux répercussions nationales. Même quand ces "reprouvés"
défendent des valeurs hautement républicaines de dignité humaine, au
point d’être nommé Prix Goldman. Non, cette reconnaissance
internationale n'ébranle absolument pas le féroce dogmatisme du régime
en place au Gabon.
Comme les autres
activistes déjà cités, comme les activistes modernes de Greenpeace ou
des ONG telles que Survie, ou encore comme l'activiste écrivains
camerounais Mongo Béti, les membres du mouvement "Ça Suffit Comme Ça", à
leur manière, dans leur domaine de prédilection et en phase avec leur
époque, tentent le défi de la sécularisation (au sens républicain et non
religieux) et vulgarisation au Gabon, d’un humanisme combinant
l’exigence de la justice sociale et politique et le respect de la
dignité humaine et de la personne comme finalité ultime. Mais que leur
oppose le régime Ali Bongo? La protection des privilèges matériels en
dépit de la décrépitude du plus grand nombre; un conservatisme des plus
ridicule dans un monde dont la vélocité de changement va en crescendo et
la peur des idées nouvelles qui risqueraient d'aboutir à un Gabon "oh
l'horreur" sans les Bongo!
Quelle attitude adopter
pour le gabonais moyen qui se demande s'il devrait ou non répondre à
l'invitation de Marc Ona Essangui et de la Société Civile libre? A ce
gabonais, ce blog n'impose rien car nous avons la pleine mesure de nos
limites qui s'arrêtent là où commence le libre arbitre de chaque
citoyen, de chaque lecteur. A ce citoyen nous demandons de se poser des
questions internes à soi; de s'interroger si les activistes du mouvement
"Ça Suffit Comme Ça" ne sont pas en train de nous donner à tous un
exemple suprême du gabonais qui lutte? Du gabonais qui ne redoute plus
la souffrance ou les menaces de mort, parce que tout cela peut être
vaincu et a déjà été maintes fois vaincu? Si nous avons souvent déplorés
la couardise des uns et des autres, ne devons nous pas nous serrer les
coudes devant des actes de courage?
Soyons critiques de nos
propres expériences et de celles des autres et demandons nous qui au
Gabon aujourd'hui propose quelque chose de mieux construit et aussi
limpide dans ses objectifs et étapes de réalisation que le mouvement "Ça
Suffit Comme Ça"? Si vous en avez la réponse envoyez-la-nous car nous
ne voyons vraiment pas! On ne peut rêver de renouveau, de modernisation,
de libération et d’humanisation sans prendre de risques. Pourtant le
risque ici est plutôt minimal, il ne s'agit que de s'inscrire sur les
listes de la Conférence Nationale Souveraine. C'est un risque citoyen
qui indique que vous êtes près à apporter votre pierre au pied de
l'édification du Gabon tel que vous aimeriez le voir conçu. C'est un
risque participatif qui représente une véritable évolution, loin des
angoisses identitaires dans lesquelles le régime trouve ses derniers
refuges.
Sans doute le plus grand
mérite de Marc Ona Essangui et de ses compagnons, outre bien sûr leurs
lauriers personnels, reste celui de faire connaître ou de faire
redécouvrir au grand public gabonais, la nécessité de la restitution de
sa citoyenneté souveraine et non négociable. Au Gabon aujourd'hui, le
problème n'est pas Marc Ona Essangui ni la Société Civile libre; le
problème et tous les gabonais honnêtes qui se poseront la question en
interne devront arriver sensiblement à la même réponse, est un régime
qui verrouille le pays, bâillonne ses populations et pille ses
richesses; laissant derrière lui un peuple plus que jamais à la merci
des démons de la violence et de l’identitarisme. Au Gabon depuis 45 ans,
hier ressemble à aujourd’hui et aujourd'hui ressemble à hier; la météo
politique étant toujours la même. Il faut que ça change et le moment,
c'est maintenant!


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