Le processus devant mener à la Conférence nationale souveraine ( CNS ) est en
marche depuis le lancement des inscriptions le 8 décembre dernier par des
membres de la Société civile. Chaque Gabonais conscient de la situation de
crises que vit notre pays est appelé à contribuer à la mise en place des bases
solides sur lesquelles le Gabon doit se rebâtir pour son développement. Une des étapes importantes de la CNS sera de choisir les personnes qui
devront écrire la nouvelle Constitution qui sera soumise au peuple par
referendum.
Le présent texte vise à faire quelques suggestions sur la manière dont les
personnes qui seront chargé de rédiger la nouvelle Constitution devront être
choisies. Il vise à susciter le débat.
En effet, la Constitution est la loi fondamentale de la Nation et par
conséquent, elle doit fortement représenter les aspirations du peuple gabonais;
un peuple trop longtemps soumis à la dictature et aux exactions d’un pouvoir
illégitime et autocratique, sous contrôle d’une même famille, les Bongo. La
Constitution actuelle n’a pour seul but que de perpétuer le pouvoir d’un
président toujours mal élu et issu de la famille Bongo. Un régime dynastique qui
ne dit pas son nom. Les Gabonais ne veulent plus de ces Constitutions taillées
sur mesure et appliquées par une Cour constitutionnelle toute aussi taillée sur
mesure et dont les décisions penchent toujours du même côté, celui du pouvoir
Bongo-Pdg. Les Gabonais veulent donc sortir de cette trappe; de cet “olam”
(piège, en langue Fang ).
En terme de processus, il faut définitivement rompre avec le passé. Les gens
ordinaires doivent faire partie du processus de rédaction de la Constitution
gabonaise. Des exemples existent ailleurs. Alors que le peuple gabonais souhaite
véritablement s’engager dans une nouvelle ère démocratique et de transparence
politique, la rédaction de la nouvelle Constitution ne peut plus être uniquement
l’affaire de quelques privilégiés, aussi experts soient-ils. D’ailleurs, si on
s’en tient au passé, nous savons ce que les soit-disants experts qui ont écrit
les Constitutions précédentes nous ont servis: des Constitutions dictatoriales.
Les Gabonais n’en veulent plus!
Recherche d’un équilibre multifactoriel
Le comité de rédaction de la nouvelle constitution gabonaise ( CRNCG ) doit
être le reflet de la société gabonaise dans sa diversité et sa complexité. Le
choix des personnes qui devront y faire part devrait tenir compte des facteurs
importants suivant : la composition ethnique, la répartition des âges, le genre
(équilibre hommes-femmes), la représentation géographique et les expertises.
Le CRNCG devra être le reflet de la société gabonaise dans sa diversité
ethnique. Il est temps de considérer la diversité ethnique dans notre pays comme
une richesse et non pas comme un facteur de division comme l’ont trop fait
certaines personnes, notamment ceux au pouvoir qui essayent de diviser les gens
et de diaboliser l’opposition. Ainsi, le comité devra est représentatif de
toutes les ethnies présentes au Gabon. Leur représentation effective au comité
peut se baser sur les chiffres officiels de cette représentation. L’essentiel
étant de s’assurer que tous les grands groupes ethniques sont représentés au
Comité, sans oublier nos peuples autochtones (pygmées).
• Moins de 15 ans : 42%
• 15 et 64 ans : 54%
• 65 ans ou plus : 4%
• 19 ans: âge moyen
De toute évidence, sans devoir inviter des jeunes de 5 ou 6 ans, il faut
s’assurer que les jeunes de 12 à 14 ans viennent exprimer leurs espoirs et leur
vision du Gabon.
La représentation des femmes doit aussi être représentative de la société
gabonaise, sans débats sexistes et sans discrimination.
Au niveau géographique, il va de soi que le CRNCG doit être représentatif des
toutes les provinces du Gabon.
Enfin, au-delà des représentations formelles reliées à l’ethnie, l’âge, au
genre et à la géographique, le CRNG devra être inclure les personnes qui sont là
d’abord pour leurs expertises en matière légale, notamment en droit
constitutionnel. Comme autres champs d’expertises, on peut ajouter les
philosophes, anthropologues, sociologues, économistes, biologistes et autres
scientifiques. Un débat sur les types d’expertises nécessaires pourrait être
fait avant de décider lesquelles seront choisies et quel sera le nombre de
représentants pour chacune d’elle.
Au-delà des experts, il faut reconnaître que le CRNG doit être un moyen pour
les «gens ordinaires» de façonner la nouvelle Constitution gabonaise. Les
représentations formelles sur la base des éléments énumérés plus haut peuvent
être accompagnées par les représentations spécifiques suivantes : médecins,
prêtres ou pasteurs, journalistes, chefs d’entreprises, chefs de villages,
etc.
Toutes ces représentations doivent être formalisées par pourcentage d’un
nombre maximum de personnes pouvant faire partie du comité (ex. 100 personnes).
Les personnes à faire partie du comité peuvent être choisies à même les listes
des personnes inscrites à la CNS.
Mentionnons que ce comité de partira pas de rien. Son travail peut avoir
comme point de départ les Constitutions passées ainsi que des propositions déjà
faites par d’autres acteurs politiques et de la société civile gabonaise depuis
quelques temps. Il est possible de s’inspirer aussi d’autres Constitutions et
règles universelles des droits humains.
Une Constitution 2.0
La nouvelle constitution gabonaise pourrait être la première Constitution 2.0
de notre pays.
Le CRNG pourra poster le projet constitutionnel sur Internet pour permettre à
la population (notamment la diaspora gabonaise) de réagir et d'enrichir le texte
en proposant des amendements. Ce sera un exercice de démocratie directe sans
précédent au Gabon: une page Facebook serait ouverte, tout comme, une chaîne sur
YouTube, un profil sur Twitter, un compte de photos Flickr, etc.
La proposition de nouvelle Constitution sera soumise à un référendum
populaire et il sera définitivement le symbole d’un nouveau départ pour le
Gabon.
Nous, peuple du Gabon, souhaitons créer une société juste et équitable
offrant les mêmes opportunités à tous. Nos origines ou ethnies différentes sont
une richesse commune, et ensemble nous sommes responsables de l'héritage des
générations : la nature, la terre et ses ressources, l'histoire, la langue et la
culture. La Conférence nationale souveraine devrait nous permettre de réaffirmer
ce principe solennel et de mettre ensemble les bases qui nous permettront de
rebâtir notre pays, meurtri et dévasté par 45 ans par un pouvoir autoritaire.



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