Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs,
Chers invités
La cérémonie que nous
organisons aujourd’hui lance un processus qui devrait aboutir, dans les
prochains jours, les prochaines semaines, à de profondes mutations qui
auront un impact direct sur la vie de chacun d’entre nous.
Il n’est un secret
pour personne que le pays traverse en ce moment une grave crise. Crise
politique manifestée par le divorce entre la classe politique et la
population, crise sociale marquée par les différentes mécontentements
que traduisent les multiples menaces de grèves dont les préavis
dessinent des montagnes dans les différentes administrations publiques
et privées, crise économique avec la montée effrayante des prix de
produits d’utilité première. Cette poussée de tension pourrait, si on
n’y prend garde, aboutir à des situations incontrôlables aux effets
dévastateurs pour notre pays.
Autant le pouvoir dit
ne pas voir ni réaliser les difficultés des Gabonais, autant nous
Société Civile, recevons chaque jour vos récriminations contre la
réduction de vos libertés constitutionnelles, contre le manque de
démocratie, la non prise en compte de vos choix électoraux de la part
d’un pouvoir toujours plus arrogant, toujours plus violent.
Ensemble, la
Diaspora, la Société Civile et une fraction d’hommes politiques du pays
ont proposé comme solution à cette crise une CONFERENCE NATIONALE
SOUVERAINE que vous avez acceptée de manière quasi unanime. Et comme le
pouvoir a dit ne pas vouloir l’organiser, nous avons le devoir
aujourd’hui de nous proposer de la faire.
La société gabonaise
dans toutes ses composantes fonde ses espérances sur cette conférence
nationale souveraine ; le monde entier nous regarde ; la communauté
internationale a les yeux rivés tout entier sur nous : notre
responsabilité, en ce jour, est alors historique. Nous sommes à la
croisée des chemins au moment où nous lançons enfin solennellement le
processus d’inscription et d’enregistrement en vue de la conférence
nationale souveraine.
Car l’histoire de
notre pays est en train de basculer définitivement vers un changement
véritable. Tous les Gabonais, quel que soit leur bord politique, leur
origine, leur catégorie sociale, leur croyance, leur opinion, aspirent à
ce changement dont les contours et les promesses se dessinent
progressivement à travers la mutation profonde qui se prépare.
Nous sommes à la
croisée des chemins, car le Gabon ne peut plus être tout à fait le même
en 2013, années où les promesses tant rêvées peuvent enfin devenir
réalité. Promesses en matière de démocratie, de bonne gouvernance, de
justice sociale, de droit de l’homme et d’Etat de droit.
Cette année 2013 qui
se profile comme une année charnière entre le souvenir d’un passé
mortifère et l’espérance d’un avenir radieux, entre l’obscurantisme de
certains gouvernants et le scintillement d’une lumière qui vient des
profondeurs de notre société, entre la bêtise de certains hommes
assoiffés de pouvoir et la vertu de ceux qui pensent que les Gabonais
méritent mieux, entre la folie des hommes et la raison universelle des
peuples, entre l’embrigadement de la conscience citoyenne et la liberté
citoyenne, entre la peur d’entreprendre et la liberté d’initiative.
Notre objectif, loin
des intentions qu’on nous prête, n’est pas de faire un coup d’Etat
constitutionnel. À l’évidence, les Gabonais ne se reconnaissent plus
dans les autorités qui les gouvernent. Il s’agit d’offrir un cadre pour
rendre au peuple sa souveraineté pour qu’il exprime et fasse ses choix
de vie. C’est au peuple de dire ce que sera son avenir et avec qui il le
fera. Ce peuple n’est ni pédégiste, ni d’opposition. Il s’agit du Gabon
dans son ensemble et dans sa diversité.
Nous écrivons en ce
jour, ensemble, la page de garde de ce que la Gabon sera bientôt. La
convergence citoyenne vers un mieux-être que nous devons bâtir ensemble.
Qu’on le veuille ou
non, le destin de notre pays dépasse et transcende les intérêts
partisans, l’arrogance de certains hommes politiques, les subjectivités
et les aspirations égoïstes, l’avenir que le sens de l’histoire nous
fait espérer est enfin à portée de main ; ceux qui hésitent encore à
prendre le train en marche ont tort et il n’est pas trop tard pour
qu’ils nous rejoignent.
Je vous remercie de votre attention.
Marc Ona Essangui
Libreville, le 8 décembre 2012

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